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vendredi 18 août 2017

Sur les trottoirs








Capture de caractères dans les rues de Kobe, avec quelques attributs typiques du passant japonais: vélo, masque en tissu, chariot. Sur les trottoirs on croise beaucoup de vieux qui poussent ce genre de petits chariots. Il s'agit je pense de vénérables riziculteurs qui se sont cassés le dos et leurs belles années à repiquer les jeunes plants de riz: maintenant des machines existent pour ce travail éreintant.


dimanche 28 mai 2017

Temple Shinto Ikuta

Retour obligé à Kobe, après une visite décevante de Nara. Remplie de chichis et de souvenirs, cette ville historique m'a laissé froid. Kobe possède en son cœur un joyau qui m'obsède par contre. Observé lors d'un survol, il s'agit d'un bosquet d'arbres centenaires qui semble se débattre entre les tours.


Ce bosquet est la survivance de la forêt contre laquelle fut bâti le temple Shinto d'Ikuta en 201 par l'impératrice Jingu. Les arbres sont devenus sacrés et la ville de Kobe a grandi autour de ce tabou.

  
On ne sait pas bien si c'est le béton qui menace les feuilles, où si le bosquet est un cancer vert qui ronge la ville. On pense à toute l'amoralité de la confrontation, que Miyazaki a si souvent mis en scène dans ses films .


Impossible de s'approcher suffisamment pour savoir de quels arbres il s'agit. On les imagine centenaires, leur houppier une couverture qui feutre les bruits de la ville. Des passereaux piaillant dans les branches et le cri des merles le soir, quand les réverbères s'allument.


Le fameux portail rouge qui marque l'entrée des temples Shinto est appelé Tori (鳥居). Wikipédia m'apprend que, du fait de sa fonction de séparation symbolique du monde physique et du monde spirituel, chaque torii traversé lors de l’accès à un sanctuaire doit être retraversé dans l’autre sens afin de revenir dans le monde matériel. Il n’est pas rare de voir des Japonais contourner un torii lorsqu’ils pensent ne pas repasser plus tard par cet endroit.

C'est chanmé le Japon.



samedi 8 avril 2017

A voir le monde de si haut

Je suis resté trop longtemps à Kobe. Je tourne en rond, il faut le dire, je dois me remettre en mouvement. Un dernier dessin rapide, avant de partir, dans un quartier résidentiel du nord de la ville. 


D'un jardin en contre-haut descendent deux espèces exotiques. Le figuier d'Inde (Opuntia spp.), issue du continent américain, et la Griffe de sorcière (Carpobrotus edulis) d'Afrique du Sud, qui perturbent fortement les milieux côtiers où ils ont été introduit en Europe.

Les retrouver ici cote à cote, de l'autre coté de la terre, me sort de ma promenade japonaise exotique, pour me renvoyer directement à un monde globalisé, à l'internationale des paysages. Au continent théorique de Gilles Clément. Nous partageons avec le Japon le même exotisme. Il y aurait matière à espérer et à tirer quelque joie de cet internationalisme. Et, habituellement, j'ai plutôt de la sympathie pour ces vagadondes.

Mais elles m'ont tiré de ma rêverie et me revient en tête mélancolique les paroles de la chanson du globe-trotter Manset. Les capitales sont toutes les mêmes devenues.



Edit: J'ai écouté une interview de Gérard Manset, autour de cette chanson en particulier: putain mais quel sale type prétentieux! Il perd le bénéfice de l'antériorité,  je préfère me tourner définitivement vers l'interprétation de Bashung.




samedi 25 mars 2017

Carrefour perdu


Sur les hauteurs de Kobe, sur la route qui mène au terrain de golf de Kikusui. Un carrefour ensauvagé, une pendule égarée, un décor de manga. Une histoire de voyage dans le temps probablement.

mercredi 1 mars 2017

External buanderie


On se croirait dans une arrière cours mais c'est pourtant dans une rue, qui plus est assez passante, que cette grand mère (Obāsan?) externalise sa logistique ménagère: frigo, balais, bassines, machine à laver. Toute une petite buanderie s'étale au grand jour. Puisque le climat est doux (et laisse comme on l'a vu les aloès pousser sur le pavé), pourquoi s'en priver? La porte est ouverte et la vieille vaque à son ménage.

dimanche 19 février 2017

L'ombre du narrateur


Kobe encore, toujours, passionnément. Non loin du dessin précédent, je remonte une ruelle très étroite, où deux vélos se croiseraient difficilement. Je me demande comment la Google-car a fait pour passer par là. Quelques mètres plus loin, dans une ruelle bien éclairée par un soleil rasant, j'ai ma réponse: à mes pieds s'étend l'ombre d'un type avec un drôle de chapeau. Un Google-chapeau, relié à un Google-sac à dos. 

C'est l'ombre de l'auteur de la photo. Mais pas du dessin. Vertige.

La ville entière a donc fait l'objet d'une numérisation très poussée, des grandes artères aux fins vaisseaux capillaires qui irriguent jusqu'aux tréfonds de ses arrière-cours. Est-ce une volonté de la multinationale californienne? Le résultat d'un partenariat particulier avec le Japon que l'on imagine technophile? La non moins moderne Corée voisine ne bénéficie pas d'une telle couverture...

Au pied des frigos, sur la gauche, une Aloe vera s’épanouit librement dans les interstices du trottoir. Un bon indicateur de la douceur du climat: cette plante ne résiste pas au gel.

jeudi 9 février 2017

Intérieur contre extérieur



Si j'ai bien tout compris le système de nomenclature des adresses au Japon, je devrais être dans le quartier de Fukuwara (10-9 Fukuwarachō, Hyōgo-ku, Kōbe-shi, Hyōgo-ken 652-0036 Japon).

Une petite ruelle populaire et pittoresque, pleine de vie. Elle a beau être déserte, cette rue m'a paru infiniment vivante (et typique) dans son abondance de petites plantes en pots et de sacs poubelles. Exactement la petite ruelle Japonaise que j'ai envie de dessiner dans ce carnet. C'est toute une intimité qui s'étale au grand jour et sur la chaussée même: le maigre trottoir est surchargé de tout un tas d'externalités domestiques, pour lesquelles je pourrai d'ailleurs tenter de dresser un typologie (plantes, frigos, aquariums...).  

La théorie que me propose Rodolphe H., fin connaisseur de l'âme japonaise, est que ces "jardins en pots" sont vécus comme une partie de l'habitation, même si empiétant sur l'espace public. Contrairement à ce que j’avançais plutôt en ces pages même, cette végétalisation de la rue n'est pas un "don" pour l’œil et l'agrément du passant, mais une extension de l'espace privé, de la maison, en quelque sorte retournée comme une chaussette. Et qu'il convient de considérer à distance respectueuse, voire à ne pas considérer du tout.

Cette conception nous parait étrange, à nous occidentaux, pour qui le jardin est objet de prestige, entièrement tourné vers l'extérieur et pensé pour la monstration. Jardins de Le Nôtre et concours de Géraniums.

A cette aune, j'ai l'impression de comprendre tout à coup le dessin qui figure en couverture du tome 1 du manga Chiisakobé© de Minerato Mochizuki, parut en France aux éditions Lézard noir et récemment récompensé à Angoulême.


Les sentiments y sont exprimés de manière très subtile et les rapports entre les personnages se lisent et se comprennent moins par les mots que par les gestes et les postures, rendus par une ligne claire. La variation de l’épaisseur du trait même peut suffire à traduire une intention. Les deux personnages que l’on voit à l’image sont, à ce stade du récit et pour longtemps encore, dans une relation amoureuse qui ne s’exprime pas. Et pourtant, une tension les lie : il me vient à l’idée qu’elle est symbolisée par l’auteur dans ces plantes en pots, voulues comme un trait d'union. C'est l'image de l'espace domestique, de l'intimité, de la cellule familiale à venir.

Les plantes sont plus bavardes qu'eux. C'est fin, c'est beau, c'est japonais.


vendredi 3 février 2017

Deux aquariums


En route pour le parc de Egeyama, dans les hauteurs de la ville, je passe devant cette petite maison: au milieu des nombreuses plantes en pots, un truc encore jamais vu: 2 aquariums. Ils semblent contenir plus d'algues que de poissons...

jeudi 2 février 2017

Kobe interlope

Kobe toujours, un peu à l'est de l’hôtel de ville. Devant un temple Shinto, qui m'avait d'abord attiré pour la superbe végétation qui débordait de ses murs, je suis tombé nez à nez avec ce personnage intriguant. Une sorte de yakuza-maquereaux avec une chaîne en or autour du coup. Derrière lui, à l'angle de la rue, une sorte de peep-show. Le contraste avec le temple est rigolo.

La pancarte au premier plan doit raconter des trucs en contraste sympathique avec le gonz. Avis aux traducteurs.



mardi 31 janvier 2017

Syndrome post-Angoulême


La tête définitivement bercée par la bande dessinée ces derniers temps, l'envie de dessiner en séquence est devenue plus pressante. Celle qui suit est issue d'une flânerie dans les rues de Kobe, encore, aux alentours du cinéma.
Cette petite histoire s'offre à moi alors que la Google-car passe à coté de ce vieil homme en anorak. Il marche d'un pas raide devant une petite vieille dame qui en reste interdite. Se connaissent-ils? Le vieux s'assoie sur un banc. La lumière de ce jour d'hiver est très blanche.

C'est un petit moment de vie énigmatique comme Street-View en offre tant. En 6 ou 7 prises, on voit des choses se dérouler sur les trottoirs des villes numérisées. J'étais parti chercher la Renouée du Japon, mais rien n'interdit d'être un peu attentifs aux habitants aussi. Je vais guetter ces petites histoires, et m'exercer à la narration.








mardi 24 janvier 2017

Kobe Port Tower


Dans la base de loisir du port de Kobe trône la Port Tower, ouvrage "hyperbolique" en tubes rouges d'une centaine de mètre. On peut probablement y acheter des souvenirs hors de prix et manger une cuisine fusion en regardant l'horizon.

A l'horizon justement, on aperçoit les montagnes toutes proches, comme à Grenoble la Chartreuse ou à Saint-Etienne le Pilat.

jeudi 19 janvier 2017

Umetate chi



S'attarde un peu dans Kobe, qui est une ville fascinante. Coincée entre la montagne et la mer, elle a été contrainte de gagner du terrain sur la mer pour continuer son développement.

Kobe est située dans la baie d'Osaka qui est, pour ce que j'en sais, la plus grande utilisatrice d'Umetate-chi (うめたてち), d'îles artificielles. L'amas de terres, d'argiles, de remblais et de toutes sortes de saloperies en fin de cycle permet de s'élever de quelques mètres au dessus du niveau de la mer. Les îles ainsi créées ont des formes anguleuses parfois très aiguës et sont reliées à la terre ferme par des ponts. On y installe des ports, des aéroports, des entrepôts, des usines, des bureaux, des universités.

En s'y promenant on trouve encore quelques grosses parcelles en friche, qui seront bientôt achetées (à qui?) et bâties. Les prix au mètre carré doivent être au moins au niveau de ceux pratiqués à Paris dans le Marais.

Cette grosse grue charge et décharge des gros containers sur des gros bateaux. Des gros camions y circulent. On n'est pas vraiment sur la terre ferme. On est sur une aberration géo-morphologique. On est au Japon.








samedi 7 janvier 2017

Harborland


Kobe, juste un peu au nord d'un imposant chantier naval. Deux grands arbres aux feuilles composées, peut-être des Sophora (japonica), probablement des Fabacées. Je ne me risque même pas à essayer de reproduire leurs feuilles délicates.

Ce pont autoroutier en pleine ville est semblable à celui qui s'était effondré lors du grand tremblement de terre de 1995, dont je me souviens très bien des images à la télévision.