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lundi 30 octobre 2017

Jardin de seuil


A chaque fois que je les dessinais, je pensais à ces espaces que l'on rencontre si souvent au Japon comme des "jardins de rue". Je ne sais pas s'il existe un terme en japonais qui recouvre le concept. En fait, il s'agit bien plutôt d'occuper le seuil que la rue. Ce sont des "jardins de seuil". C'est à dire de l'interface entre la rue et l'habitation. Certains habitants ne l'utilisent pas du tout. La plupart s'en servent pour étendre l'espace habitable, toujours dans la limite du raisonnable et d'une décence civique, que j'imagine ici puissante et respectée. On occupe au maximum l'espace qu'occupe un vélo que l'on gare sur le pas de porte. 

Tout l'espace contenu entre la porte et la roue du vélo peut être rempli de son propre "chez soi", de son propre intérieur, que l'on aurait retourné comme une chaussette. J'ai parlé du tabou qu'il existait à se mêler de cet intérieur exposé. On doit passer devant comme on se fraie son chemin dans la foule: sans regarder sur les cotés.

Même la froide et algorithmique Google-car semble impudique à cet habitant surpris en train de bichonner un petit érable en pot. Je me sens délicieusement coupable de dessiner ce japonais dans son intérieur-extérieur et, finalement, je me dis que je n'aurais jamais pu le faire sans l'aide de la multinationale californienne, qui m'épargne d'avoir à voler moi-même ce moment!




lundi 11 septembre 2017

La pieuvre, le poulpe


Le poulpe (c'est la pieuvre, c'est pareil) est partout au Japon. Dans les assiettes, dans l'imaginaire, dans les fantasmes, dans les cauchemars. Dans les rêves de la femme du pêcheur (une estampe d'Hokusai).


De ventouses et du succion, d'horreur et de sensualité, il est question dans cet article de Agnès Giard qui connaît très bien le Japon et ses dessous.

lundi 28 août 2017

Camions coprophages


Quatre mystérieux camions jaune et bleu posé sur un port anonyme de la province de Kagoshima. Ils sont là pour pomper. On dirait de gros insectes coprophages.


vendredi 25 août 2017

Pouquoi le masque?


Inquiétante rencontre au détour d'une rue de Nara, non loin du fameux parc. Cette femme m'a fait flipper: un peu raide, vêtue d'une gabardine et le visage masquée. Probablement une tueuse à la solde de tout compte.

Après quelques recherches sur le réseau, et un rapide sondage, j'apprends que le port du masque sanitaire, très répandu au Japon, servirait avant tout à protéger les autres de son propre rhume, de ses maladies. Une explication tout à fait cohérente avec l'esprit de civisme que je perçois dans ce pays.

Dans un second temps, le port du masque semble être un formidable "limitateur d'interactions sociales". Les personnes pudiques peuvent ainsi avoir le choix de se mettre à distance des autres, ne pas être emmerdé, disparaître dans la foule. J'ai ressenti ce bonheur, teinté de culpabilité, en portant des lunettes de soleil en public.

Dans un tiers temps, ces maques servent à filtrer les polluants, les pollens, les particules fines, les virus H1N1 et Ebola.

Du mystère, du civisme, de la pudeur, des particules fines. Le Japon.


dimanche 28 mai 2017

Temple Shinto Ikuta

Retour obligé à Kobe, après une visite décevante de Nara. Remplie de chichis et de souvenirs, cette ville historique m'a laissé froid. Kobe possède en son cœur un joyau qui m'obsède par contre. Observé lors d'un survol, il s'agit d'un bosquet d'arbres centenaires qui semble se débattre entre les tours.


Ce bosquet est la survivance de la forêt contre laquelle fut bâti le temple Shinto d'Ikuta en 201 par l'impératrice Jingu. Les arbres sont devenus sacrés et la ville de Kobe a grandi autour de ce tabou.

  
On ne sait pas bien si c'est le béton qui menace les feuilles, où si le bosquet est un cancer vert qui ronge la ville. On pense à toute l'amoralité de la confrontation, que Miyazaki a si souvent mis en scène dans ses films .


Impossible de s'approcher suffisamment pour savoir de quels arbres il s'agit. On les imagine centenaires, leur houppier une couverture qui feutre les bruits de la ville. Des passereaux piaillant dans les branches et le cri des merles le soir, quand les réverbères s'allument.


Le fameux portail rouge qui marque l'entrée des temples Shinto est appelé Tori (鳥居). Wikipédia m'apprend que, du fait de sa fonction de séparation symbolique du monde physique et du monde spirituel, chaque torii traversé lors de l’accès à un sanctuaire doit être retraversé dans l’autre sens afin de revenir dans le monde matériel. Il n’est pas rare de voir des Japonais contourner un torii lorsqu’ils pensent ne pas repasser plus tard par cet endroit.

C'est chanmé le Japon.



mercredi 1 mars 2017

External buanderie


On se croirait dans une arrière cours mais c'est pourtant dans une rue, qui plus est assez passante, que cette grand mère (Obāsan?) externalise sa logistique ménagère: frigo, balais, bassines, machine à laver. Toute une petite buanderie s'étale au grand jour. Puisque le climat est doux (et laisse comme on l'a vu les aloès pousser sur le pavé), pourquoi s'en priver? La porte est ouverte et la vieille vaque à son ménage.

dimanche 19 février 2017

L'ombre du narrateur


Kobe encore, toujours, passionnément. Non loin du dessin précédent, je remonte une ruelle très étroite, où deux vélos se croiseraient difficilement. Je me demande comment la Google-car a fait pour passer par là. Quelques mètres plus loin, dans une ruelle bien éclairée par un soleil rasant, j'ai ma réponse: à mes pieds s'étend l'ombre d'un type avec un drôle de chapeau. Un Google-chapeau, relié à un Google-sac à dos. 

C'est l'ombre de l'auteur de la photo. Mais pas du dessin. Vertige.

La ville entière a donc fait l'objet d'une numérisation très poussée, des grandes artères aux fins vaisseaux capillaires qui irriguent jusqu'aux tréfonds de ses arrière-cours. Est-ce une volonté de la multinationale californienne? Le résultat d'un partenariat particulier avec le Japon que l'on imagine technophile? La non moins moderne Corée voisine ne bénéficie pas d'une telle couverture...

Au pied des frigos, sur la gauche, une Aloe vera s’épanouit librement dans les interstices du trottoir. Un bon indicateur de la douceur du climat: cette plante ne résiste pas au gel.

vendredi 3 février 2017

Deux aquariums


En route pour le parc de Egeyama, dans les hauteurs de la ville, je passe devant cette petite maison: au milieu des nombreuses plantes en pots, un truc encore jamais vu: 2 aquariums. Ils semblent contenir plus d'algues que de poissons...

samedi 7 janvier 2017

Harborland


Kobe, juste un peu au nord d'un imposant chantier naval. Deux grands arbres aux feuilles composées, peut-être des Sophora (japonica), probablement des Fabacées. Je ne me risque même pas à essayer de reproduire leurs feuilles délicates.

Ce pont autoroutier en pleine ville est semblable à celui qui s'était effondré lors du grand tremblement de terre de 1995, dont je me souviens très bien des images à la télévision. 



lundi 2 janvier 2017



Un peu de Niwaki, glané derrière un haut mur. Difficulté à dessiner les pins.

samedi 31 décembre 2016

Auto-portrait



Ikoma, préfecture de Nara, la voiture de Google passe devant un rétroviseur géant. Un autoportrait d'auto. Un auto-auto-portrait. Enfin vous voyez le topo.



lundi 19 décembre 2016

More Niwaki


Encore un peu de Niwaki devant ce pavillon de la banlieue sud d'Osaka (préfecture de Wakayama). Belle abondance de plantes en pots, disposées dans la rue, le long d'un mur. Le petit portail est condamné par toute une palanquée de jardinières, qui accueillent probablement des plantes à bulbes ou à tubercules, visiblement en dormance.
Cette pratique du fleurissement des pieds de murs est répandue au Japon et semble, dans ce cas au moins, destinée autant à l'agrément du passant que du propriétaire.
A droite, la poubelle et le scooter d'usage.

jeudi 1 décembre 2016

STOP

Bourg de Wakasa, district de Yazu, préfecture de Tottori. Au sol, je pense qu'il est inscrit "stop". Je m'arrête.

mardi 29 novembre 2016

Une exotique !


Un peu après le petit temple bouddhiste Yakushi-ji (dans les montagnes au nord-ouest de Kyoto), j'ai trouvé une belle touffe de Miscanthus (devant la maison, au pied du poteau). Il n'est pas totalement exclu qu'elle ait été plantée, mais je pose l'hypothèse que c'est un individu indigène qu'on laisse prospérer ici. Le Miscanthus sinensis que l'on plante abondamment sur les ronds points français (ou entre le long de la route et le parking de Lidl) est en tout cas originaire d’extrême orient, c'est à dire d'ici. En attendant de trouver la Renouée du Japon, je pose donc ici gentiment un premier jalon de ce pèlerinage horticole.