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jeudi 8 février 2018

Taro à Naruto



Une culture de Taro aux abords de la ville de Naruto, dans la préfecture de Takushima.

On repère facilement depuis la route les grandes feuilles en cœur de cette Aracée. J'en avais cultivé à la maison, à partir de tubercules achetés dans une épicerie spécialisée et je suis content d'en voir "en vrai". Un peu surpris aussi de tomber par hasard sur sur cette luxuriance; il faut dire qu'on est à 34° de latitude, soit à peu près au niveau de Tanger et Casablanca.

Je vais descendre encore un peu plus au sud du Japon, pour voir ce qu'on y trouve.

lundi 6 novembre 2017

Japon, voyage imaginaire

Nicolas de Crécy cite Fernando Pessoa à propos de la démarche de son carnet de voyage imaginaire à Lisbonne: "A quoi bon voyager ? Pour voyager il suffit d'exister". 

De retour de Lisbonne, il confia une quarantaine d'aquarelle à l'écrivain Raphaël Meltz qui s'en inspira pour construire un récit de voyage de 4 jours. Une expérience qui prend à rebours le traditionnel carnet de voyage en utilisant la puissance de l'imagination plutôt que l'entassement des preuves du réel. 

Je jubile en découvrant l'existence de ce travail, et je ne peux m'empêcher de reprendre Pessoa à mon compte, tant mon voyage au Japon lui semble lié:


"Voyager? Pour voyager il suffit d'exister.
Je vais d'un jour à l'autre comme d'une gare à l'autre, dans le train de mon corps ou de ma destinée, penché sur les rues et les places, sur les visages et les gestes, toujours semblables toujours différents, comme, du reste, le sont les paysages.
Si j'imagine, je vois. Que fais-je de plus en voyageant? Seule une extrême faiblesse de l'imagination peut justifier que l'on ait à se déplacer pour sentir. (...) C'est en nous que les paysages trouvent un paysage. C'est pourquoi, si je les imagine, je les crée, ils existent; s'ils existent, je les vois tout comme je vois les autres. A quoi bon voyager?"
(...)
Les voyages, ce sont les voyageurs eux-mêmes."

Fernando Pessoa, Le livre de l'intranquilité, 1913-1935


Une autre vue de ce fabuleux jardin de seuil à Osaka.


lundi 30 octobre 2017

Jardin de seuil


A chaque fois que je les dessinais, je pensais à ces espaces que l'on rencontre si souvent au Japon comme des "jardins de rue". Je ne sais pas s'il existe un terme en japonais qui recouvre le concept. En fait, il s'agit bien plutôt d'occuper le seuil que la rue. Ce sont des "jardins de seuil". C'est à dire de l'interface entre la rue et l'habitation. Certains habitants ne l'utilisent pas du tout. La plupart s'en servent pour étendre l'espace habitable, toujours dans la limite du raisonnable et d'une décence civique, que j'imagine ici puissante et respectée. On occupe au maximum l'espace qu'occupe un vélo que l'on gare sur le pas de porte. 

Tout l'espace contenu entre la porte et la roue du vélo peut être rempli de son propre "chez soi", de son propre intérieur, que l'on aurait retourné comme une chaussette. J'ai parlé du tabou qu'il existait à se mêler de cet intérieur exposé. On doit passer devant comme on se fraie son chemin dans la foule: sans regarder sur les cotés.

Même la froide et algorithmique Google-car semble impudique à cet habitant surpris en train de bichonner un petit érable en pot. Je me sens délicieusement coupable de dessiner ce japonais dans son intérieur-extérieur et, finalement, je me dis que je n'aurais jamais pu le faire sans l'aide de la multinationale californienne, qui m'épargne d'avoir à voler moi-même ce moment!




lundi 11 septembre 2017

La pieuvre, le poulpe


Le poulpe (c'est la pieuvre, c'est pareil) est partout au Japon. Dans les assiettes, dans l'imaginaire, dans les fantasmes, dans les cauchemars. Dans les rêves de la femme du pêcheur (une estampe d'Hokusai).


De ventouses et du succion, d'horreur et de sensualité, il est question dans cet article de Agnès Giard qui connaît très bien le Japon et ses dessous.

lundi 28 août 2017

Camions coprophages


Quatre mystérieux camions jaune et bleu posé sur un port anonyme de la province de Kagoshima. Ils sont là pour pomper. On dirait de gros insectes coprophages.


vendredi 25 août 2017

Pouquoi le masque?


Inquiétante rencontre au détour d'une rue de Nara, non loin du fameux parc. Cette femme m'a fait flipper: un peu raide, vêtue d'une gabardine et le visage masquée. Probablement une tueuse à la solde de tout compte.

Après quelques recherches sur le réseau, et un rapide sondage, j'apprends que le port du masque sanitaire, très répandu au Japon, servirait avant tout à protéger les autres de son propre rhume, de ses maladies. Une explication tout à fait cohérente avec l'esprit de civisme que je perçois dans ce pays.

Dans un second temps, le port du masque semble être un formidable "limitateur d'interactions sociales". Les personnes pudiques peuvent ainsi avoir le choix de se mettre à distance des autres, ne pas être emmerdé, disparaître dans la foule. J'ai ressenti ce bonheur, teinté de culpabilité, en portant des lunettes de soleil en public.

Dans un tiers temps, ces maques servent à filtrer les polluants, les pollens, les particules fines, les virus H1N1 et Ebola.

Du mystère, du civisme, de la pudeur, des particules fines. Le Japon.


vendredi 18 août 2017

Sur les trottoirs








Capture de caractères dans les rues de Kobe, avec quelques attributs typiques du passant japonais: vélo, masque en tissu, chariot. Sur les trottoirs on croise beaucoup de vieux qui poussent ce genre de petits chariots. Il s'agit je pense de vénérables riziculteurs qui se sont cassés le dos et leurs belles années à repiquer les jeunes plants de riz: maintenant des machines existent pour ce travail éreintant.